Nationalisation de mes c…

Aimer son pays, en attendant d’aimer quelque chose dedans (faut croire, persévérer dans l’espoir qui ne vient de rien). Regarder avec cet air de chien le drapeau valser, un genre d’admiration involontaire. S’efforcer de croire à quelque chose, à n’importe quoi ! Le bulletin météo, l’actualité à la télé, une analyse quelconque d’un journaleux, que les vaches sont des insectes géants, si on peut se mettre d’accord, que l’ordre vient du haut, que le match est truqué, qu’on est… N’importe quoi.
Vient le jour où l’on se rend compte qu’on est absent ! Mais comment faut-il penser pour arriver à une telle conclusion ? Quel genre de cerveau pense à sa propre absence ? Quel genre d’homme faut-il être pour réaliser sa propre absence ?

Une insuffisance de moi ! Une pénurie de Je ! Un moi qu’on ne trouve nulle part, que je ne trouve nulle part ! J’embrasse un genre nouveau de folie, et ceux qui m’écoutent rient, sourient… Ils me trouvent drôle, signifiant (à la lisière de l’insignifiance), Ils m’aident à m’aider. Je fais tout, ils récoltent tout. Ils savent regarder, obligent à vivre sous leurs yeux.

Il ne faut surtout pas mourir. Vivre, mal vivre, se rattraper dans son vide, rompre avec…, se rompre, casser, se casser, se ramasser… Arriver, revenir, vivre, pas mourir, ou mourir, pas l’enterrement, juste la mort, cette mort qui continue, qui n’achève rien, qui vient squatter mes ténèbres. Il faut se rater, passer à côté, loin des mesures, de tous ces kilomètres de jeunesse. S’accrocher à la queue d’un serpent… Devenir !

A Yahia Messaoud

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*