Pas de mosquée à Fort national au XIXe siècle

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A peine descendus de voiture, nous avons hâte de chercher un point culminant d’où la vue puisse s’étendre au loin sur le panorama célèbre de Fort-National. Nous sortons de la ville par la porte opposée à celle par laquelle nous sommes arrivés, et longeons, à l’extérieur, les glacis des fortifications. La réputation de ce paysage superbe n’est pas exagérée. Des montagnes aux formes étranges, sur les pentes desquelles s’accrochent des oliviers et des champs cultivés, et dont chaque sommet est garni d’un village qui éclate comme une tache rouge et blanche sur le fond vert du tableau, occupent le premier plan. Dans le lointain se dresse la gigantesque muraille rocheuse du Djurdjura, aux flancs abrupts et dénudés, dont les sommets, blancs de neige, brillent dans le ciel bleu comme une frange d’argent.

Ce premier tribut payé à l’admiration légitime qu’inspirent partout les beautés naturelles, je vais présenter mes devoirs à M. Sabatier, l’administrateur de la commune mixte. Cet intelligent fonctionnaire, qui a eu l’honneur d’introduire en Kabylie le régime civil, me donne d’intéressants détails sur l’organisation administrative du pays.

Je me retire enchanté du bienveillant accueil de M. Sabatier. Au moment où je prends congé : « Vous allez demain à Aïn-el-Hamman, me dit-il. Je dois m’y rendre également ; nous pourrons faire route ensemble. Cela me permettra de vous donner quelques renseignements curieux sur la constitution politique et l’organisation sociale de la Kabylie. » C’est avec le plus grand plaisir que j’ai accepté cette offre.

J… et moi, accompagnés d’un aïssa, employé indigène de l’administration civile que M. Sabatier a bien voulu mettre à notre disposition, nous partons pour aller visiter un village kabyle. Aux environs de Tizi-Ouzou, les villages sont entourés de fortes haies de cactus. Je ne remarque pas ici cette disposition. Presque tous sont perchés sur des sommets en pointe. On y accède par un sentier qui aboutit à une étroite ruelle en escalier, pavée de larges pierres et bordée de maisons de chaque côté ; c’est la grand’rue du village. Ces maisons sont basses et n’ont qu’un rez-de-chaussée ; mais la bâtisse n’est pas plus défectueuse que celle de beaucoup de pauvres hameaux de nos pays ; la toiture est en briques d’un brun rougeâtre. On nous mène à l’endroit où se réunit la djemaa, le conseil municipal ; c’est une grande cabane entièrement vide, dont le toit est soutenu par un pilier qui occupe le centre du bâtiment.

Les membres de l’assemblée s’accroupissent par terre, le long des murs, et discutent gravement les intérêts de la cité, du taddert, suivant le mot kabyle. Cet édifice, à l’origine, servait de mosquée ; mais il est affecté, maintenant, à l’usage de la djemaa. Nous demandons ensuite à voir la mosquée actuelle. Notre guide paraît assez embarrassé. « Ici, nous dit-il, chacun fait sa prière chez lui, s’il a envie de la faire. »

Cependant, après avoir hésité un moment, après avoir consulté les anciens du village, il finit par nous conduire à une hutte sordide que traverse la rue, sorte de passage couvert, dont chaque côté est occupé par un large banc en terre dallé de pierres. C’est là que la djemaa se réunissait autrefois ; mais depuis qu’elle tient ses séances dans la mosquée, on y envoie coucher les mendiants de passage, qui trouvaient auparavant un abri dans le sanctuaire, conformément à l’usage de tous les pays musulmans. Ce changement d’affectation d’une mosquée, effectué du consentement général de la population, montre combien peu les Kabyles sont attachés aux formes extérieures de l’islamisme.

Ernest Fallot, Fort National le 15 mars 1884

4 thoughts on “Pas de mosquée à Fort national au XIXe siècle

  1. quoi !? …. ils vous manque á ce point la vie d’autrefois sans eau de robinet, sans electricité, sans telephone , television avec le transport publique aghyulique !?
    revenez á la raison et laissez le passé tranquille .
    les mosqués ont toujours existé au sommet de chaque village, et sont toujour la, et on a meme construit davantage depuis l’epoque de cet article . je suis pas entrain de defendre telle ou telle religion, mais …. parlons serieusement …. les kabyles ont toujour porté des jelabas, gondouras et 33 tours helicoptere … leurs femmes cloisonné presque comme des prisonniere chez elle , destinnée pour des taches menageres dans et au alentours de la maison.
    donc , vous ne pourriez changer l’histoire, on est ce qu’on est, et on sera ce qu on sera, mais nous balancer des bobars comme : y avait pas de mosquee en kabylie, c’est trop fort ce bobar … un peu d’ffort , un peu de sagesse, acceptez votre realité , n inventez plus de bobars, dites ce qui s’est vraiment passé, les gondouras et les 33 tours etaient tres prisés par nos grands parents .
    pr votre information, gommez dans votre tete que je suis islamiste ou quoi q ce soit, rien, je suis haté meme .
    tanmirt a li brobro .

  2. E.Fallot était le secrétaire de la société de géographie de Marseille. Concernant l’histoire, la sociologie, l’anthropologie de l’Algérie (la Kabylie comprise),les Français qu’ils soient militaires ou administrateur civil, ou scientifique, ou historiens,sociologues ou anthropologues ou religieux, ne sont pas crédibles pour la simple raison que les militaires sont tous des criminels qui avaient envahi une terre qui n’est pas la leur, tué massacré ses hommes, et violé des femmes, et que les cscientifiques, historiens, sociologues ou anthropologues ou religieux, en sont des complices, car, aucun n’ont dénoncé les crimes des militaires. Un criminel ou son complice ne sont jamais crédibles à moins qu’il y aient une tiers personne neutre qui confirme leurs témoignages ou affirmations. C’est cela la logique.

  3. Évidement, la mosquée a été détruite par l’armée française qui a aussi violé les femmes Kabyles après avoir tué leurs maris.

    1. Tu as commenté sans avoir lu l’article ! Fais un effort au lieu de t’arrêter au titre lis quelques phrases.

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