22 avril 2017

Peuples de la mer (I)

La civilisation égyptienne s’est développée de 3200 avant Jésus-Christ (époque des premiers pharaons) à 30 avant Jésus-Christ. Elle a été l’une des plus brillantes civilisations de l’histoire pendant plus de 3000 ans. Qui était à l’origine de l’histoire des pharaons ? Nous avons relaté — dans les précédents articles publiés sur ce site—, la constitution géographique du et/ou des continents, nous avons aussi traité des raisons de la désertification du Sahara ; de l’histoire de l’écriture et de l’oralité de la langue berbère dans tout l’espace méditerranéen, nous avons beaucoup insisté sur les Guanches des îles Canaries proche parent des Berbères Nord-Africains. Que sont-ils devenus et qui étaient les peuples de la mer ?

Pour répondre à ces questions, nous allons chercher les réponses en Égypte et exclusivement en Égypte, car le génie berbère s’est orienté entièrement vers l’Égypte depuis la catastrophe survenue au Sahara à trois reprises et de manière successive (l’une il y’a 800.000 ans, la seconde il y a 200.000 ans et la dernière dévastatrice il y a 11.000 ans). Une partie des Éthiopiens (appellation générale des Noirs Africains) est redescendue plus vers le sud de l’Afrique, pendant que l’autre partie a suivi les Berbères vers le Nord-est de l’Afrique, à savoir l’Égypte. Quant aux autres, vulnérables, ils se sont contentés de remonter encore plus haut dans les montagnes vers le Nord de l’Afrique pour s’y réfugier.

On a usé du crayon aux quatre coins du monde de la même manière que pour l’Atlantide sur le phénomène des peuples de la mer, on y a mêlé tantôt des Nordiques en cuirasse, tantôt des Celtes en kilt, à leur couronne de plumes et leurs boucliers ronds. On y voit non seulement les combattants mais tous les convois des immigrants, composés de chariots tirés par des bœufs et aussi par des chevaux. Que peut-on tirer, en ces temps lointains, de cette masse disparate d’informations ? D’abord, que les Anciens faisaient remonter l’origine de chaque peuple à un ancêtre commun lui ayant donné son nom, et descendant lui-même du seul homme survivant après la catastrophe. Nous connaissons déjà cette méthode historique appliquée par la Genèse, qui fait remonter toute l’humanité à Noé en passant par ses propres enfants Sem, Cham et Japhet. Chez les Grecs, on observe dans l’emploi de ce système, une curieuse anomalie ; c’est qu’ils se réfèrent à deux déluges ayant eu chacun leur survivant miraculeusement sauvé des eaux. Or, ceci nous montre essentiellement que deux populations d’origine presque proche vivaient en juxtaposition l’une de l’autre, à savoir l’Afrique du Nord, son Sud, son Est et l’Ouest. Le peuple berbère a de tous temps envahi l’Égypte soit par voie terrestre ou par voie maritime. Si la dernière invasion semble intéresser nombre de scripteurs, cela est du à sa force où se sont mêlés les peuples limitrophes de la Méditerranée. Il s’agissait, bien entendu, d’une trop grosse vague qui a déferlée sur l’Égypte vers 1200, jamais elle n’a été aussi nombreuse. Selon les cartouches retrouvées, ils ont été violemment pourchassés qui pour certains d’entre eux se sont embarqués avec les Pélasges (anciens grecs), les Tershas (anciens grec saussi), les Teucres (des Troyens), les Sherdens (Sardaigne), les Shekeleschs (Roumains) qui vont occuper le sud de l’Italie avec leurs alliés Libyens et Guanches pendant que les Tyrrhènes (Epicardial) s’installent dans le reste de la péninsule où ils recevront beaucoup plus tard le nom d’Étrusques. Alors qu’une autre partie de cette même composition avec en plus des Éthiopiens va se diriger vers les Amériques, d’autres encore vont s’installer définitivement en Égypte et dans ce que l’on appelle la Palestine par les Pharisiens (Perses) ou « Philistins » dont on ignore l’origine. Que doit-on penser du Musée de Mexico : il y’a seulement quelques années, l’une des plus anciennes, celle des Olmèques, [1] était totalement inconnue, quand une expédition archéologique découvrit, au fond de la forêt vierge de Tabasco, au Mexique, des têtes géantes en pierre, admirablement sculptées. Ces têtes mystérieuses, hautes (pour certaines) de près de trois mètres, révélèrent pour la première fois l’existence des Olmèques, dont la culture fort avancée semble être soudain sortie du néant dans toute sa splendeur. La plus belle des têtes découvertes à Tabasco est aujourd’hui le clou de la section olmèque du musée. Ce qui n’est pas dit ici, c’est que ces têtes géantes (Sans doute, effigie à leur époque de dieux venus d’ailleurs) ont incontestablement des traits négroïdes, et en principe leurs représentants d’origine devaient venir d’Afrique. Mais les peuples noirs sont arrivés en Amérique, bien après Christophe Colomb. Alors doit-on comprendre que des Africains ont découvert l’Amérique des lustres avant Christophe Colomb ? Il y a d’autres explications bien sûr et elles pourraient être plus fantastiques que l’on ne saurait l’imaginer.

Récemment enfin, des anthropologues ont fait observer une prédominance du groupe sanguin O parmi les Canariens de souche. Or, avec eux se signalent les Basques et les Corses. S’il est à peine besoin de souligner combien le « mystère » basque a été élucidé, on se souviendra que les Corses furent entraînés dans l’immense déferlement des envahisseurs venus du sud.

Les ethnologues anciens et modernes qui ont étudié la nature de cette race guanche ont distingué deux types bien distincts. L’un, le plus répandu, de taille haute supérieure à 1,80 m, imberbe, aux yeux clairs et à la peau claire, et au front de penseur. L’autre, de taille plus réduite, avec une peau sensiblement plus brune, des yeux de jais et un profil convexe qui révélerait une origine noire. Il y a encore, mais de façon très localisée, à Gomera, des individus de courte taille et à tête large. Les Français d’abord, puis les Espagnols, furent très étonnés d’observer ce peuple Guanche aux mœurs si archaïques, mais héritiers d’une civilisation évoluée et originale d’origine berbère. Tout en ignorant l’usage des métaux et des tissus et n’utilisant que des outils en pierre, ils connaissaient en revanche l’écriture, l’astronomie et appréciaient la poésie. Leur législation, encore, était très élaborée et leur religion avait des rites compliqués. L’alphabet des Guanches, fort heureusement recueilli par les premiers missionnaires envoyés aux Canaries, ressemble aux alphabets des langues sémitiques (Phénicien, Carthaginois, Hébreux) qu’ils s’en sont attribués. Mais on a découvert à plusieurs reprises dans les îles de l’archipel, des inscriptions en caractères inconnus. Lors d’un voyage effectué sur place, Robert Charroux a pu photographier une des ces inscriptions alphabétiformes à La Caleta (île Hierro).

L’existence de cette riche civilisation australe permettrait d’expliquer l’origine de monuments disséminés dans le monde entier et construit à l’aide de techniques si avancées sur leurs temps qu’elles défient toute explication rationnelle. C’est notamment le cas des temples d’Amériques latine, attribués aux civilisations aztèque, olmèque, toltèque ou maya, mais dont l’édification a exigé des moyens et une science sans rapports avec ceux de leur époque. Cette thèse peut également s’appliquer aux pyramides égyptiennes selon de récentes études archéologiques qui n’étaient autre que l’œuvre des Guanches.

Les archipels des Canaries et des Açores constitueraient les ultimes vestiges du continent disparu. Qu’on soit d’accord ou pas avec cette hypothèse, il faut reconnaître que l’origine des premiers Canariens pose un réel problème ethnologique. Chacune des sept îles de l’archipel des Canaries, abrita une culture propre mais apparentée, jusqu’à leur extermination par la conquête espagnole (1402-1500) : les Guanches ont cependant laissé des momies et des pyramides…

Dés la préhistoire, on assiste à une pénétration des populations berbères en Égypte et même bien au-delà de la préhistoire. Les tout premiers documents archéologiques égyptiens, les mentionnent sous le nom de THNW, Tehenu, et les bas-reliefs les représentent, tantôt confrontés aux souverains égyptiens, tantôt en rois et reines triomphants. En effet, l’histoire de l’Égypte nous démontre péremptoirement qu’autrefois sa vie a été intimement mêlée à celle de la Berbérie, et c’est ce qui a été très bien caractérisé par M. Sigismond Zaborowski-Moindron (1851-1928) anthropologue français, dans les termes suivants : « L’action réciproque de l’Égypte et de l’Afrique l’une sur l’autre est si ancienne, elle a été si longue et si profonde, qu’il est impossible de démêler ce que la première a emprunté à la seconde, et réciproquement ». Ne serait-elle pas de la même ethnie ?

Les sources égyptiennes citent également les grandes tribus berbères avec lesquelles l’Égypte était en contact : les Temehu, qui s’étaient installés à une époque immémoriale sur la rive occidentale du Nil, dans le désert égyptien, les Tehenu, plus au nord, sur les côtes de la Méditerranée et, plus à l’est, dans la Libye actuelle, les Lebu et les Mashawash (Guanches). [2]

C’est du nom de Lebu que dérivent les mots Libyen et Libye, chez les Grecs et les Romains, d’abord pour designer les Berbères des régions de l’Est ainsi que leur pays, puis l’ensemble des berbères et l’Afrique du Nord actuelle.

Au tout début, les Berbères se rendaient en Égypte pour échanger des produits de leur pays, principalement du bétail et une essence aromatique que les Égyptiens appelaient essence de Libye, contre du grain. Beaucoup de Libyens étaient déjà s’installés sur le bord des lacs, près du Nil, participant à la création des grandes villes qui allaient former le noyau à partir duquel se constitue la civilisation égyptienne et les dynasties pharaoniques. Un historien comme Gordon Childe soutiendra que c’est la rencontre de la civilisation libyenne avec les cultures autochtones qui provoqua l’avènement de la première culture prédynastique de l’Égypte.

Les Libyens ne s’assimilèrent pas aux Égyptiens : ils en sont toujours distingués, sur les fresques, par leur physique (notamment une gabelle saillante), leurs cheveux nattés et leurs barbes terminées en pointe ainsi que leurs vêtements (longues tuniques) et les éléments de leur coiffure (plumes d’autruches). Ils avaient aussi gardé l’usage de leur langue et si celle-ci a pu être influencée par l’égyptien elle exerça aussi une influence sur lui. Les spécialistes de l’égyptien ancien relèvent dans les dialectes des régions où vivaient les Libyens de nombreuses formes berbérisantes, signe d’un contact prolongé entre les deux langues ou peut-être d’appartenance.

D’incursions et d’occupations tolérées, les Libyens passèrent aux invasions, brisant les fortifications établies par les pharaons. Des tribus, hommes, femmes, enfants et bétail, s’installèrent sur les terres conquises par les armes. Nous verrons prochainement l’apport des Berbères dans la civilisation des Pharaons. Ensuite, nous nous pencherons sur l’autre civilisation des Berbères des montagnes, appelés désormais les Numides de la Numidie en guerre permanente avec des envahisseurs.

À suivre…

Zéralie

Notes

[1La culture olmèque demeure inconnue jusqu’à la deuxième moitié du XIXe siècle. Les spécialistes s’accordent pour fixer les débuts de l’olmécologie en 1862 avec la découverte fortuite de la première tête colossale (Monument A) à Hueyapan sur le site de Tres Zapotes (Veracruz) rapportée par José María Melgar y Serrano. Ce dernier écrit à propos de la sculpture : « […] Ce qui m’a le plus étonné, c’est le type éthiopien qu’elle représente. J’ai pensé qu’il y avait eu sans doute des Noirs dans ce pays, et cela aux premiers âges du monde. » Jacques Soustelle, Les Olmèques, Arthaud, 1979, p. 17

[2Nom donné aux Guanches par les Libyens du fait de leur dynamisme et volubilité.

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