22 avril 2017

Pourquoi les chiens ont adopté l’être humain

C’est une douce nuit à trouver des coussins enlacés et pudiquement couverts par un drap qui compte les plis de sa tristesse. Un drap froissé par un réveil en sursaut. Dans leur acte passionnel, les coussins aplatis gémissent dans la langue de la solitude. Mais bon… quittons la chambre pour nous retrouver dans le jardin et près d’un feu de bois d’olivier. C’est une très belle nuit – je sais qu’il y a mille et une manières de décrire une nuit – où des étoiles prennent place comme des spectatrices pour admirer un paysage nocturne. Une nuit d’une moiteur qui vous éclabousse. Accompagnée par les craquements d’un feu, les flammes frémissent, se tordent, et s’acharnent sur un bout de… bois. Le bois résiste, il est enrobé lentement par un feu d’une couleur rougeâtre. Il apparaît et disparait sous l’ardeur des flammes qui le conduisent vers le royaume de la cendre. C’est alors que tout notre être est noyé par des vagues incessantes de fumée. L’esprit vadrouille, et tantôt se perd, tantôt se retrouve à proximité d’un nombril comme un lieu de rendez-vous. L’esprit et le corps s’assoient sur les bords du précipice du nombril et partagent la chaleur et l’évasion spirituelle.

Mes chers amis, il est tellement facile de se perdre dans un récit, mais comme c’est par une corde ombilicale que commencent toutes nos histoires, et c’est probablement par la corde ombilicale qu’on sème les semences de la… séparation. Je continue…

La douce et la très belle nuit abrite un soupir, puis elle le transforme en écho. Le plaisir est une ligne droite dont l’extrémité aboutit à une douleur. Le cri du plaisir voyage à travers la nuit emporté par une brise hivernale, puis lentement et insidieusement déformé par le silence de la nuit ; il parvient comme un cri agonisant de douleur aux oreilles des victimes de la solitude. Les mots se libèrent des barreaux de la cage thoracique et commencent une révolte poétique : la guerre des rimes. Et là ! Là ! Je découvre pourquoi les chiens ont adopté l’être humain… simplement, parce qu’il sait allumer un feu. Hein Shebba ?

Je sais que j’ai fait un détour… mais bon, je sais que vous allez me pardonner.

Hmimi O’Vrahem