Présidentielle américaine

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De meeting en meeting, le candidat républicain galvanise ses supporters en dénonçant une élection probablement « truquée ». Certains appellent désormais à la « révolution », en cas d’élection d’Hillary Clinton à la Maison Blanche.

Donald Trump a prévenu. « J’ai été libéré de mes chaînes et je peux maintenant me battre pour l’Amérique comme je le souhaite », écrit-il sur Twitter après plusieurs jours de polémique autour de ses propos obscènes. Depuis cet énième scandale, sondages et analystes arrivent pour la plupart à la même conclusion : Hillary Clinton sera la prochaine présidente des Etats-Unis.

Le candidat républicain à la Maison Blanche n’aurait donc plus rien à perdre. « C’est un homme très dangereux pour les semaines à venir », commente l’un de ses biographes, interrogé par Politico (en anglais). De meeting en meeting, il galvanise désormais ses supporters en dénonçant une élection probablement « truquée ». Franceinfo vous explique comment le milliardaire rend cette atmosphère de fin de campagne de plus en plus inquiétante.

En appelant ses militants à « surveiller » les bureaux de vote

Depuis plusieurs mois, Donald Trump invite ses supporters à s’enregistrer en ligne pour devenir des « observateurs » du scrutin du 8 novembre et « empêcher Hillary la corrompue de [le] truquer ». « Il faut que nous soyons certains qu’on ne nous volera pas l’élection », martèle-t-il en meeting. « Surveillez vos isoloirs », intime le candidat à ses soutiens. Mettre en place des « observateurs » est une pratique légale dans la quasi-totalité des Etats américains, rappelle le New York Times (en anglais), mais elle peut parfois tourner à l’intimidation, dans un pays où les lois électorales sont plus ou moins restrictives.

Dans 39 Etats, ces « observateurs » ont en effet le pouvoir de remettre en cause le droit de vote des personnes qui se présentent devant les urnes. En Pennsylvanie, par exemple, ces électeurs « contestés » doivent, pour voter, signer une déclaration sous serment concernant leur identité et leur lieu de résidence, et trouver un témoin de la même circonscription électorale pour attester de leur bonne foi, explique NPR (en anglais). « Pas besoin que ces contestations soient couronnées de succès, commente Howard Cain, un responsable démocrate, interrogé par la radio. Il faut juste créer assez de confusion et, temporairement, de chaos dans un bureau de vote pour que les gens se disent ‘je ne vais pas rester là et supporter cette situation absurde, je m’en vais’. C’est là le vrai objectif. »

Autrement dit, les observateurs ont tout intérêt à décourager les électeurs qu’ils pensent ne pas être favorables à leur candidat. Par le passé, certains sont même allés jusqu’à prétendre être membre des forces de l’ordre ou à menacer les électeurs d’arrestation, affirme le New York Times. Et en Pennsylvanie ou dans l’Alabama, les « observateurs » ont la possibilité de venir surveiller les bureaux de vote avec leurs armes à feu bien visibles. Pas forcément très rassurant, d’autant qu’on ne sait pas si les soutiens de Donald Trump suivront une formation ou seront encourager à surveiller le scrutin de manière informelle, remarque le New York Times. La stratégie du milliardaire est « une manœuvre effrayante », commente le journal.

En se préparant à refuser la défaite

Lors du premier débat présidentiel, Donald Trump l’a promis : « Si [Hillary Clinton] l’emporte, je la soutiendrai. » Mais plus la date du scrutin approche, plus cet engagement semble déjà être de l’histoire ancienne. Fin septembre, le milliardaire a indiqué au New York Times (en anglais) qu’il était en train de revoir sa position sur le sujet. Depuis, empêtré dans les polémiques et des accusations d’agressions sexuelles, le candidat républicain n’a de cesse de mettre en cause la sincérité du scrutin du 8 novembre prochain. « L’élection est en train d’être truquée », martèle-t-il sur son compte Twitter, en mettant en cause, comme à son habitude, la presse américaine, accusée de collusion avec Hillary Clinton.

 

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