29 juin 2017

Qui sont les Kabyles ?

Sommes-nous une parenthèse dans l’histoire mondiale contemporaine ? De la droite à l’extrême gauche, nous sommes invisibles. Nous ne sommes pas des nostalgiques, pas même des partisans. Partisans de quoi, au fait ? Du système franco-algérien qui nie notre existence ? Qui sommes-nous ? Que voulons-nous ? Toutes les tentatives de rassemblement se sont vouées à l’échec, les rapports de force étant plus payants aux yeux des dinosaures de notre « communauté ».

Nous sommes des Kabyles qui ne voulons pas que l’on passe sous silence les périodes importantes de l’histoire des Kabyles. De même sommes-nous intéressés par la persistance du sentiment kabylophobe, largement repris par des pays censés respecter les droits de l’homme et du citoyen. Tout cela dans un silence assourdissant des instances internationales.

Nous sommes interpellés par des appellations sulfureuses, (Maghrébin, beur, brobro, etc.) afin de mieux nous diluer, pour ne pas dire, nous évaporer en touchant à notre dignité, notre existence même est remise en question. Beaucoup des nôtres œuvrent lentement à notre disparition, sciemment sans doute, passant le plus clair de leur temps à se regarder le nombril plutôt que de se projeter dans l’avenir, à l’image de ces déchetteries sauvages qui défigurent le paysage kabyle. On jette n’importe quoi, n’importe où sans penser aux conséquences de nos actes. Tout est fait pour l’instant, la minute, aucun projet de société sur le long terme et une région qui pourrait faire le bonheur de millions de touristes est devenue le repère de terroristes. Terroristes enfantés par le gouvernement algérien arabo-islamiste, plus arabe et musulman que Mahomet lui-même !

Tout cela pour dire que nous préférons utiliser le mot kabyle en place et lieu de termes génériques qui nous desservent et ne nous apportent rien. Que notre but n’est pas de combattre les autres quelle que soit leur origine, mais de nous faire connaître et reconnaître. Personne ne peut se construire en voulant à tout prix dénigrer ceux qui ne sont pas du même avis, de la même croyance, de la même couleur ou du même parti.

Notre histoire avec nos différences, méritent d’être connues. Nous devons aussi tirer des enseignements du passé, afin de construire un futur à nos enfants, futur dans lequel ils ne seront pas dans l’obligation de raser les murs à cause de la méconnaissance de notre histoire.

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