RCD/FFS : La prostitution politique se précise

Spread the love

Ce mois de mai est décidément chargé en rebondissements, révélations, événements de tout genre et autres sorties politiques qui, à la fois, mettent à nue tout le risible qui entoure les pseudos marches communes du 20 avril dernier et révèlent, à ceux qui refusent encore de voir, combien la déliquescence et la réduction à néant des principes fondateurs du RCD et du FFS, ne sont qu’un petit avant-goût de la prostitution politique qui semble ne pas avoir de fond au niveau de ces chapelles qui ne sont que l’ombre d’elles-mêmes depuis belle lurette.

Il n’est pas nécessaire de ressasser ici les lieux communs, notamment le fait qu’on oublie trop souvent que ce sont le RCD et le FFS qui ont permis au Pouvoir et à ses satellites de récupérer le terrain en Kabylie, à travers, d’abord, la gestion approximative des assemblées élues en Kabylie et ce, quand ils sont au commandes, mais aussi et surtout, à travers leurs alliances quasi systématiques avec le FLN et le RND au niveau de ces mêmes assemblées locales ( APC/APW). Il en va de même avec la caution apportée à la pire des législatures de la dictature algérienne ; celle qui a voté les salaires et les privilèges indécents au profit des députés les plus mal élus de l’histoire malgré la fraude ; sue et tolérée de tous, y compris par ceux qui, du bout des lèvres, n’ont de cesse de la dénoncer mais qui acceptent quand même le pognon et les 19 sièges que leur octroie traditionnellement l’autocratie en place !Retour ligne automatique
 [1] La législature 2007/2012 restera aussi celle qui avait maquillé la pire violation de la démocratie ; un coup d’État ! Un authentique opposant, n’aurait pas, d’abord, à siéger dans une assemblée fantoche qui sert, un secret de polichinelle, de béquille à la façade démocratiste du népotisme de Bouteflika.

Ceci dit, si d’aucuns trouveraient quand même quelques circonstances atténuantes à la présence d’un soi-disant opposant dans une telle assemblée, il n’y a plus aucune possibilité de faire appel au discrédit de cet « opposant enrichi par la dictature » après qu’il ait décidé de continuer à y siéger suite à un coup d’État. [2]

Ceci ne peut être motivé que par la cupidité démesurée de ces députés soucieux d’amasser le plus de pognon de leur législature durant laquelle, il est toujours utile de le rappeler à toute fin utile, ces opposants de pacotilles qui ne pouvaient ni bloquer ni en imposer la moindre loi, avaient respecté en disciples dociles, la loi inique, raciste, en totale violation des droits humains et anti-démocratique qui imposait déjà aux députés de s’exprimer exclusivement en langue arabe ! Les quelques proverbes en kabyle qui ont émaillés les interventions, toutes en arabe, de nos députés godillots, ne pouvaient que satisfaire les tenants du régime algérien, éternels concepteurs de l’option assimilationniste de la « folklorisation de la Kabylie ».

Il y a aussi tout ce branle-bas de combat du RCD, répercuté dans la presse écrite par ses militants/journalistes, par rapport à la nouvelle constitution que le clan Bouteflika avait annoncé avant l’évacuation de ce dernier au Val-de-Grâce. Le RCD, par la voie de son président « medvedev » lors de son passage, le 22 avril dernier, au forum de Liberté, avait balancé, l’air présomptueux, son projet de constitution qui, avait-il dit, allait être soumis, sous peu, aux « citoyens », comprendre « les mêmes apparatchiks ». Sauf que, une semaine après, Bouteflika, foudroyé par un AVC, sa révision constitutionnelle qui n’intéresse d’ailleurs aucun citoyen, encore moins en Kabylie, était, momentanément, tombée à l’eau ! Depuis, l’opinion est ballotée entre les plus qu’aléatoires « Sid Raïs se porte de mieux en mieux » des officiels qui n’en savent d’ailleurs que dalle ; le frère de Bouteflika détenant l’exclusivité de l’information, et les fuites distillées à petites doses allant dans le sens de l’aggravation de l’état de santé du boucher du printemps noir. Dans cette incertitude, le RCD s’éclipse un moment puis revient, au cas où le pouvoir revenait à sa révision de la constitution en vue d’offrir, si possible, un 4e mandat à l’ex allié du RCD et de préparer le terrain à sa succession dans la continuité du régime. On y annonce des conventions par ci et par là afin, disent, lors de leur récente conférence de presse à Tizi-Ouzou, les députés, Boudiaf, Ikharbane, Hadj Arabe, fortement récompensés par le népotisme de Bouteflika lors de leur législature : « …de protéger les équilibres des pouvoirs et les libertés fondamentales. ». Rien que ça !

C’est à croire que le RCD est au cœur de ce même pouvoir. À moins qu’il soit, là encore, la voix de son maître, sinon, la question qui se pose d’elle-même, est : quel intérêt politique pour un opposant, de se saisir d’une magouille de plus du pouvoir ; une énième constitution qui n’intéresse aucun citoyen et qui, de toutes les façons, ne sera jamais respectée par ses propres concepteurs qui fonctionnent selon les rapports de forces entre les différents clans rentiers au pouvoir ? S’engouffrer dans le rythme qu’imprime une dictature à ses mises en scène politiciennes, n’est-il pas plus un rôle d’amplificateur de celles-ci qu’une opposition ? Serait-on autrement dans une dimension d’ordre hystérique mégalomane d’un parti qui n’a même pas su préserver sa militance et ses seules bases en Kabylie mais qui se croit encore investi d’une mission de doter ce que son président, Sadi, appelle « la Nation algérienne », de textes fondateurs sur lesquels le pays reviendra, un jour ou l’autre, pour donner raison au visionnaire qu’eut été le RCD ?

Concernant la saisie, par le pouvoir algérien, de l’édition du 18 mai 2013 du quotidien « Mon journal » de Hicham Aboud où, paraît-il, l’état comateux de Bouteflika aurait été évoqué, le RCD réagit et qualifie cela de « chasse aux sorcières » tout en versant dans l’habituelle littérature populiste algérianiste, notamment par la voix de son porte-parole et néanmoins ex député engraissé de l’assemblée fantoche de Bouteflika, M. Mazouz : « Le pouvoir algérien a assez humilié le peuple algérien, la Nation et discrédité les institutions du pays(…) » !

Au-delà de cette littérature vieille de 25 ans, à première vue, s’offusquer d’une atteinte à la liberté d’expression ne peut être que saluée. Sauf que, là encore, il s’agit beaucoup plus d’une occasion de se refaire une virginité à travers une déclaration publiée par El Watan où il n’a pas été question de la défense d’un journal ou de la dénonciation d’une atteinte à cette liberté d’expression qui bat de l’aile depuis toujours, mais d’un torrent d’attaques sur la personne de Bouteflika, leur ex allié, qui aurait pu nous réjouir sans toutes les dérives de cette dernière décennie et qui sent trop l’odeur d’une revanche personnalisée liée à la frustration profonde causée par le grand dribble dont a été victime le RCD, déclinée d’une manière amère mais très significative par le président du RCD, Sadi, lors d’une interview au quotidien Liberté où il déclarait en substance : « Je ne suis pas le seul à être floué, Bouteflika a floué tout le monde ».

En outre, il y a lieu de souligner ici que Hicham Aboud, un Chaoui nostalgique de Boumédienne, est loin d’être le « Tahar Djaout » de la presse écrite. Sur son bureau, au 2e étage du siège de son journal, vous ne risquez pas d’y découvrir le portrait de son épouse, de ses enfants… c’est le dictateur Boumédienne qu’il admire en rédigeant ses papiers, ce même dictateur qui a élevé, protégé et formé le boucher du printemps noir, Bouteflika. Pour le reste, son parcours s’imbrique intimement dans le fonctionnement du système en place.

Le chargé de communication du FFS, le député sur-rémunéré par le régime et qui intervient en plénière, comme le faisaient ses collègues du RCD lors de la précédente législature et ses pairs dans l’actuelle, exclusivement en langue arabe, conformément à la loi en vigueur, pour exprimer les doléances (faisons semblant de croire que c’est ce que ces députés ont fait ou font) et pour s’adresser à leur virtuels électeurs qui sont, de toute façon, exclusivement kabylophones. M. Bouaïche, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a choisi, pour sa part, de ne pas commenter la saisie du journal. Le pacte avec le pouvoir concocté à la veille de l’autre mascarade électorale des législatives de 2012, semble être respecté au point où la saisie d’un journal pouvait paraitre superflu pour un « opposant » !

Il fallait compter également sur l’embarras né d’une certaine similarité entre le black-out qui entoure l’état de santé de Bouteflika et celui qui frappe du même sceau, l’état de santé du zaïm du Lac Léman qui, au demeurant, a brillé de mille feux, lors du congrès en cours du FFS où, pourtant, il était annoncé en grande pompe.

Enfin, le carriérisme des apparatchiks du RCD aura été le rouleau compresseur qui aura broyé les résidus d’une identité politique qui a totalement cédé le terrain à l’opportunisme sur fond de mises en scènes bonimenteuses destinées à la consommation intra-muros et, accessoirement, à donner l’illusion, vitale au pouvoir, d’une présence d’une opposition qui n’est que fictive. Voici ce que les conférenciers du jour, les trois ex députés cités plus haut, ont apporté comme nouveauté, une confirmation pour les plus avisés : « A la convention autour du « projet de constitution algérienne » que le RCD tiendra à Tizi-Ouzou, nous invitons tout le monde y compris le MAK et les islamistes (…) car nul ne peut nous complexer de nous assoir avec les islamistes… ». (In le quotidien La Cité – N° 27 – du jeudi 23 mai 2013 – Page 03).

L’union kabylo-kabyle, la laïcité et tout simplement l’exercice politique version RCD/FFS, ne sont plus que des mots sans signifiants et un miroir aux alouettes pour les derniers crédules de la politique.

Allas DI TLELLI



Notes

[119 sièges offerts au RCD et 19 autres au FFS pour la législature de 1997/2002. 19 sièges au RCD pour la législature de 2007/2012. 19 sièges au FFS pour la législature en cours 2012/2017… !

[2Référendum par voie parlementaire du 12/11/2008 ayant supprimé l’article 74, qui limitait le nombre de mandats présidentiels à deux, a permis à Bouteflika de s’offrir son troisième mandat en avril 2009. Il faut rappeler à ce propos, le fait que malgré tous ces éléments et d’autres, le RCD était le dernier sur la scène algérienne à préciser sa position par rapport à la mascarade de ces élections totalement burlesques. C’était lors de son conseil national tenu le… 15 janvier 2009 et où, à la surprise général, une décision inédite et totalement insensée avait été prise et rendue publique : Gel des activités du parti au moins jusqu’à l’après vote prévu le 9/04/2009 !!!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *