Réduire sa liste d’amis sur Facebook

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ou les dernières heures du Titanic

En consultant Facebook ce matin, je découvre que j’avais atteint le nombre de 500 sur ma liste d’amis. Je déteste les chiffres ronds. Alors, je mets mon costume de capitaine de bateau – avec la casquette bien sûr – et je prends le pistolet de ma mère qu’elle cache dans un sac de semoule. Je transforme le salon de l’appartement de « ma mère » en Titanic sur le point de couler et je me tiens au milieu ; à proximité d’une table que je veux utiliser comme une barque de sauvetage. Sur cette barque, je ne peux embarquer qu’un certain nombre de personnes. A l’aide de ce pistolet, et tout comme le capitaine du Titanic, je sélectionne qui doit rester et qui doit partir ; mais dans le sens inverse du Titanic bien sûr.

A ce point, mon ordinateur s’éteint pour sauver de l’énergie. J’appuie sur une touche pour le rallumer et je parcours ma liste pour descendre « un ami » et réduire ma liste a 499. Je parcours ma liste d’amis, l’un après l’autre et je m’arrête momentanément sur une personne. Je pointe mon curseur – pistolet – et je consulte son mur. C’est un Kabyle. Je baisse mon pistolet, car les Kabyles sont une espèce en voie de disparition et cela aurait été un crime de le retirer et par conséquent de contribuer au déclin d’une ethnie millénaire.

Je continu et mon attention est attirée par un nom Français. Un homme d’un certain âge qui semblait plus heureux que moi sur la photo, et en tant que capitaine de bateau, son sourire m’était inadmissible et j’avais là une bonne raison de lui tirer dessus. Je vais sur son mur et je vois qu’il est comédien et qu’il fait rire des milliers de gens. Je baisse mon pistolet car le pistolet ne semblait pas lui faire peur et il continuait à sourire. Tuer un comédien est l’équivalent de tuer dieu ou de se convertir à l’islam et je n’avais aucune intention de faire l’un ou l’autre.

En descendant plus bas, je vois un homme qui avait un museau en guise de visage, des lunettes rondes et le regard vicieux d’un criminel de guerre ; capable de commettre les pires délits comme assassiner Roger Rabbit de sang-froid ; et par intuition, je savais qu’il était un passager clandestin sur mon bateau. Je pointe le curseur et je vais sur son mur. Et là, son mur ressemblait à un terrain vague d’une banlieue de Djelfa à la fin d’un mois de juillet. Sur les murs de ce terrain vague, il y avait des graffitis de : « libérer Gaza », « one two thriii et viva l’Algérie » ; « tous avec Bouteflika » ; « Meursault contre-enquête » ; et des « soubhan Allah » éparpillés comme des bidons d’huile de moteur de chez Naftal. Je relâche la sécurité de mon pistolet et je le pointe sur lui en vidant tout mon magasin dessus. J’ai eu la satisfaction d’un chercheur qui venait de découvrir le vaccin pour… Ebola.

Hmimi O’Vrahem

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