21 avril 2017

Rendez la JSK à la Kabylie…

Tous les Kabyles s’émeuvent et se désolent de l’image désastreuse que leur renvoie aujourd’hui le club cher à leur cœur, la jeunesse sportive de Kabylie. Jadis, porte-étendard d’une jeunesse rompue à la réussite par l’effort, digne ambassadeur d’une région vouée aux gémonies par les tenants du monolithisme le plus abject jusqu’à devenir un véritable canal d’expression des revendications identitaires frustrées et ostracisées par les gouvernements successifs. Sa formidable galerie, constituée en majorité de montagnards « descendus » de tous les versants du majestueux Djurdjura et des Babors, avait fait un historique pied de nez au sinistre BOUDEDIENE comme le chantait MATOUB, dans l’antre même du stade du 5 juillet en 1977 lors de la Finale NAHD-JSK de la coupe d’Algérie. Et ce n’est pas rien si le Keblouti Kateb Yacine, était lui aussi admiratif de ce mythe, un peu comme pour passer déjà à la postérité la belle épopée de ce prestigieux club.

Mais voilà en lieu et place du club qui forçait le respect et l’admiration au niveau continental, les nouvelles qui parviennent de la maison JSK présagent déjà d’un avenir des plus sombres par une actualité qui ameutent et excitent tous les frustrés par le palmarès unique de ce club ; des jaloux décidés à achever la bête titubante. L’occasion fait le larron, et c’est une lapalissade de dire que le Doyen des clubs de l’élite fabrique lui-même des événements en cascade lesquels sont de nature à souiller durablement son histoire, son image et son identité. D’abord, la mort tragique et honteuse d’Albert ÉBOSSE, puis les sanctions de l’infâme instance dirigeante du football algérien et pour terminer les sanctions de la CAF même.

Jusque-là on s’est dit que la coupe était pleine. Mais c’était sans compter sur l’inénarrable président de la JSK. Hugo BROOS, l’entraineur dont beaucoup apprécient la compétence et le professionnalisme a été contraint de remettre pour la 54e fois le tablier avec ses adjoints, notre président, MCH pour des impératifs d’économie, s’est cru devoir empiéter sur les prérogatives de l’entraineur, chose qu’il fait habituellement et va même jusqu’à traiter les Belges de têtus.

C’est dire que les frasques assidûment autorisées de cette « calamité » qui préside aux destinées de la JSK ont cette fois atteints le paroxysme et nous dictent de nous arrêter un instant sur le règne de MCH. Le club cher à tous les Kabyles est plombé par une crise profonde depuis vingt ans dont les contrecoups commencent à se faire ressentir : la démission et la désertion des aficionados et autres invétérés de la JSK et surtout l’incroyable pérennité d’un personnage décrié, qui est plus, serait « inculte » à la présidence d’un club aussi prestigieux. Autant s’atteler à expliquer les causes à l’origine de cette gravissime crise et il appartiendra à tout un chacun de juger à l’aune de cette démonstration pas si complexe que ça en a l’air.

En vérité, il s’agit de faire défiler l’espace de cette chronique des faits d’une signification relative, et il suffirait par la suite de les agréger pêle-mêle sans se soucier des chronologies pour s’apercevoir que ce goujat « chargé de mission » s’est employé avec une constance sans faille à utiliser le sigle JSK pour servir les desseins occultes visant la Kabylie et tout ce qui la symbolise.

Et à mon humble avis, au commencement le complot qui a suivi le départ de Khalef Mahieddine en 1990 et dont la victime n’est autre que le charismatique Ali FERGANI. MCH était dans le coup à l’époque en manipulant quelques joueurs contre le capitaine de la glorieuse équipe de GIJON de 1982 qui s’apprêtait pourtant à faire une fabuleuse passe de trois : la Coupe d’Afrique, la Coupe d’Algérie et le championnat ; une consécration jamais égalée dans les annales du club qui dictera à MCH de commettre son premier impair qui fera d’ailleurs date avec cette historique désillusion en finale de la coupe d’Algérie perdue contre USM BEL ABBES alors rétrogradée en D2. Son mentor alors ne pouvait être que KHALEF lui-même. En effet, réaliser un triplé juste après une année de sa retraite du club est bien évidemment de nature à froisser l’égocentrisme du cousin du regretté KASDI MERBAH, ancien chef de la SM et du Gouvernement. KHALEF lui revaudra ce « sabotage » en venant au secours de MCH lorsque le contexte l’exige.

Mais les vils faits d’armes de MCH seront signalés, dès 1992, alors que la JSK venait de recevoir, des mains du président Boudiaf, sa 3e coupe d’Algérie avec un maillot flanqué d’une inscription du sigle JSK en Tifinagh (ⵊⵙⴽ). Un affront venant de la maison JSK qui finira par convaincre définitivement le pouvoir de confier les rênes du club à ce sinistre individu du nom de MCH. Peu connu jusque-là si ce n’est qu’il est du temps où il était joueur le protégé de son oncle paternel Hannachi Tayeb, ancien joueur de la JSK, personnage sulfureux qui avait trempé dans de scabreuses affaires de mœurs dans les années 80.

D’ailleurs juste après son intronisation, l’inscription en tifinagh disparait du maillot vert et jaune du club dans l’indifférence totale. Elle sera même remplacée, un bail plus tard et en arabe, par un sponsor anti-kabyle Echorok en l’occurrence. L’œuvre de ce sinistre individu ne souffrira alors aucune comparaison avec le palmarès du club qui lui a précédé et surtout depuis les douloureux événements de 2001. Alors que des centaines de victimes croupissaient dans les hôpitaux attendant une âme charitable pour des soins nécessitant un transfert à l’étranger, MCH avait dédié la coupe de la CAF aux victimes des inondations de Bab-El-Oued. Pour corser le tout, MCH n’avait pour les victimes du printemps noir, que cette phrase assassine dite sur un air qui plus est dédaigneux : « c’est quoi ces morts de Kabylie ?…. ».

Pis, MCH avait financé, en 2001, une centaine de jeunes (voyous pour la plupart) pour mener une vindicte en règle contre le siège du mouvement citoyen à TIZI. Le communiqué placardé dans Tizi Ville émanait d’un directoire de la JSK et ne portait aucun sceau. Pour contrer davantage le mouvement citoyen et l’affaiblir MCH décide de domicilier la JSK hors de Tizi Ouzou et exige même que le match avec la JSMB laquelle pourtant continuait à jouer à Bejaia soit joué à Sétif.

En 2003, MCH avait par ailleurs dans les mêmes formes pondu un autre communiqué, sans le seau du Club, pour voyez-vous affirmer le soutien de la JSK au Groupe El Khalifa dans les premières heures de sa chute !

MCH avait de tout temps associé la JSK à tous les déplacements de Boutef à Tizi Ouzou notamment le jour où ce dernier martèlera à notre face que jamais tamazight ne sera officielle chez elle. L’opinion ne gardera malheureusement que ces applaudissements d’Ait-Menguellat, perdant de vue que ce MCH était aussi là pour applaudir lui aussi.

Quant à l’image de marque du club, le capital amassé des années durant par la rigueur et le sérieux, véritable marque de fabrique notamment du fameux JUMBO-JET, MCH s’est vite attelé à le dilapider faisant du Club une véritable cabine d’essayage où tous les pieds carrés ou presque ont porté le maillot vert et jaune. Parmi ses recrues de choix, importés des quatre coins du pays, nous avons tous en mémoire un auteur d’un larcin opéré dans un supermarché en France, confondu par les caméras de surveillance. Son maigre butin : une paire de chaussures de sport.

Pis, un joueur de la JSK à bord de son véhicule s’en est allé faucher mortellement sur la voie piétonne (le trottoir) un malheureux citoyen. Le crime s’est produit à proximité de l’université de Tizi-Ouzou ; le meurtrier un certain HAMITI Fares, sans doute, distrait par les myriades de belles étudiantes dont la rue grouillait. Un crime pour lequel et grâce à MCH, le joueur ne passera aucune nuit en détention puisqu’il sera même gracié par Boutef.

Lors de la finale de coupe d’Algérie, gagnée face à l’USMH, le criminel joueur de la JSK récidive en faisant une dédicace par l’entremise de la télévision officielle pour un voyou notoire à TIZI.

Force est de relever qu’en 20 ans de règne, l’œuvre de sape de MCH a fait de la JSK un club quelconque, sans âme et sans identité. Ni les quolibets, ni les insultes et ni la haine viscérale que lui manifeste la Kabylie entière et les Kabyles ne semblent amener MCH à songer à partir. Rien ne vient ébranler les certitudes de ce sous-traitant du régime quant à l’achèvement de la mission pour laquelle il a été chargé : démonter la mythique JSK.

Même s’il se trouve quelques supporters qui continuent à soutenir le club, n’est-il pas utile de relever hélas des images sans commune comparaison avec la galerie d’antan. Cette poignée de supporters se distingue notamment par une signalétique pathétique qui en dit long sur l’état d’esprit qui les anime. Des banderoles régionales de type : « Ait-Abdelmoumen, Bouhamza, Ait-Mansour et tutti quanti, toujours fidèle à la JSK » ont bien suppléée celles dédiés aux « Imazighen », en tifinagh ou flanqué à l‘effigie de Matoub, qui se font rares. Quid de l’emblème amazigh interdit de cité dans les matchs que dispute la JSK avec la complicité de MCH.

Pour ne rien oublier et surtout ne pas dédouaner les forces en retrait qui ont déserté les travées des stades, ses milliers de supporters ont tourné le dos à cette équipe qui faisait la fierté de notre Kabylie. Aux milliers de supporters animés par la seul passion du club et véhiculaient là où ils passent les valeurs intrinsèques de notre région, nous leur suggérons cette citation de Dostoïevski : « nous sommes tous responsables de tout et de tous, devant tous et moi plus que tout le monde »

Quant à la longévité de ce personnage, elle découle des seuls deals passés avec le pouvoir. Pour s’en convaincre peu de chose. MCH avait accusé avec – excusez du peu — le son et l’image le quart de président qu’est Boutef, d’avoir financé lui-même comme au temps du sinistre Carlos, des voyous pour se rendre à OUM-DORMAN au SOUDAN lors de la rencontre Algérie-Egypte en novembre 2009. En dépit de cette grave accusation, exploitée par les Égyptiens eux-mêmes, MCH a bénéficié d’une étrange immunité contrairement au pauvre blogueur de TAGHARDAIT, le nommé Youcef OULD-DADDA qui purgera 24 mois de prison pour le seul grief d’avoir diffusé une vidéo montrant des policiers « très républicains » se servir (voler) dans un magasin de leur butin de guerre.

Alors de grâce Monsieur HANNACHI, prenez vos cliques et claques et partez bon sang !

un Kabyle tout court

Salim Fraoucen