22 avril 2017

Santé, mœurs, djihadisme : la prégnance étatiste

Le rapprochement est osé, mais la concordance des phases s’effectue sans coup férir : d’un côté, l’État « Protecteur » produit un islam sur-mesure « au nom du vrai islam » pourtant aux antipodes de l’islam réel qui ne permet guère, sous son joug, effectif, la construction d’Églises, de synagogues et de pagodes ; l’État Moloch s’approprie ainsi notre conscience (perception) esprit (savoir) âme (élévation) au nom du Bien (l’égalitarisme implicite) ; de l’autre côté, l’État prétendument « moderne et démocratique » produit un « modèle social » sur-mesure (et en faillite) au nom du Peuple, de l’Exact, du Malgré Vous : il veut fabriquer le Corps, le modeler à sa convenance en « genres » en variétés, mixtes, mixtures etc. afin de justifier son existence de Protecteur, disons-le, de Parrain, de « mac » (in touch).

Cette essence précède l’existence (revenons plutôt à Platon qu’à Sartre ou Marx) : l’État veut rendre les paquets de cigarettes uniformes en les enveloppant de la même burka informe. De son côté l’islam, réel, dans ses versions les plus rigoristes veut rendre les paquets de gens uniformes en les enveloppant de la même allégeance. Tous deux ne jurent que par Pavlov espérant nous voir réagir comme il le faut à chaque mesure prise.

Certes, souligner le fait qu’il soit préférable de ne pas fumer en présence d’enfants en voiture ou au jardin est louable, mais n’est-ce pas là la cerise sur le gâteau afin de masquer cette fantastique emprise sur les êtres ? Jusqu’à leur permettre désormais de se démultiplier à l’identique, la Cour de Cassation ayant entériné la position juridique européenne stipulant qu’un enfant peut être mutilé en lui enlevant la possibilité psychique de se former corps et âme dans une altérité associant père et mère. L’enfant est un smartphone en évolution constante.

L’État Moloch n’est donc plus cette structure bienveillante faisant lien et bien commun, il est avant tout une « entité » cherchant à s’insérer en lieu et place de ce qui permet aux humains d’être plutôt que rien. En ce sens, dans le miroir du monde, se reflète son image déformée mais non moins réelle de qui se nomme aujourd’hui « Califat » (hier « communisme, nazisme, fascisme ») et qui prétend tout comme lui gérer la totalité des actions et des passions, allant chercher l’intimité jusque dans ses recoins les plus secrets tels que ses « rythmes » traqués dès l’enfance afin d’expurger également en lui à la source la moindre preuve d’agressivité de « domination » ; on fera en sorte par exemple dans les programmes de parler à satiété de respect, diversité, différence, racisme, « phobie », sans jamais indiquer que l’on s’élève aussi dans l’altérité la compétition l’admiration d’autrui dans sa dextérité à être « meilleur » dans tous les sens du terme.

Toute cette dialectique est évincée, émasculée, éviscérée, au profit d’une guimauve, une pâtée, tout le monde il est beau il est gentil, surtout l’islam religion de paix comme si les autres religions et sagesses ne partageaient pas ce terme, ce qui est tout de même inc(r)oyable, et vous avez pour le dire une ministre de « l’Éducation » affichant le sourire mielleux du Jocker dans Batman, ou un Président des USA, à la table du Conseil de Sécurité, affichant le même sourire, disons identique, du pareil au même. Bien loin du semblable pourtant ou le fait d’être ensemble, mais librement, n’imposerait pas un vivre ensemble artificiel qui s’avère être plutôt une cohabitation forcée obtenue par la pose à chacun d’un bracelet électronique implicite. D’où le désir pour certains de ne plus supporter un tel partage en affirmant paradoxalement une volonté de s’enfermer dans sa bulle numérique et/ou théologique. Réveillé seulement par les bombes et les alertes infinies d’un futur « progressiste » sans fin ni passé ou glissant dans le retour impossible d’un âge d’or fait d’arrière-fond de jeu vidéo grandeur nature. Pendant ce temps les bilans macabres et financiers s’accumulent de part et d’autre sur les écrans géants visages des hydres du moment d’où s’échappent la formule 2+2=5 tandis que les regards de garde sont prêts à décapiter les têtes et les sexes récalcitrants. Dans l’indifférence de plus en plus générale malgré les tentatives médiatiques de faire mousser des « non en mon nom » qui font plutôt office de réclames, « pub », promo du jour, ou de la Nuit.

Par Lucien SA Oulahbib