18 août 2017

Taqervust : Un village kabyle vu par un coq

Il y a cinq mois, le quartier général d’espionnage de Wizran envoya deux espions au village de Taqervoust déguisés sous la forme de deux jeunes coquelets et sous l’identité cachée de : Dynamo et de Travel-a-lot. Aujourd’hui, nous sommes heureux et fiers et vice-versa de pouvoir enfin traduire et compiler ce rapport sur le plus grand village de la Kabylie.

Je sais pertinemment que ce rapport va mettre fin a mes visites au marché de Tazmalt. Mais le mensonge de ce rapport vaut bien ce sacrifice.

Voici le rapport de Dynamo :

Cher papa maudit,
Je me rappelle de cette triste journée de novembre ou tu m’avais attaché les pattes et sadiquement jeté dans le coffre d’une 206 grise qui n’était même pas nettoyée pour l’occasion. Après 1.245 virages, nous parvînmes à un lieu que je ne pourrais décrire que comme un lieu austère et inhospitalier pour toute bête possédant des plumes.

En arrivant sur les lieux, nous fûmes accueillis par un homme à moustaches, donc avec des poils, l’ennemi juré du peuple à plumes. Il avait un air autoritaire et des yeux froids de 4 à 5 degrés, qui étaient une température habituelle pour ce mois de l’année. A travers les profonds échos de sa voix, je compris vite que cet homme devait être un ex-maitre d’école en Algérie ou un ex-soldat du IIIeme Reich en Allemagne. Il y a une ligne très fine entre ces deux professions. Finalement, il s’était avéré être un ex-maitre d’école, et j’aurais espéré que cela fut la deuxième option.

On m’a jeté dans une cage avec d’autres coqs qui curieusement portaient l’uniforme de la Gestapo. Le coq en charge de ce camp de concentration s’appelait : Adolph Von Taqer Vouster. Il était secondé par un autre coq avec des lunettes du nom de : Frantz Ayazid Wissen. Que puis-je dire Cher maudit papa ? L’accueil fut ensanglanté. En voyant ma petite crête, ils me prirent pour un gitan Hongrois ou pire un juif Polonais. Je restais percher pour plus de 15 jours sur un morceau de bois au coin gauche de la cage. Je regardais impassiblement ces deux officiers monter des poules en prononçant des paroles que je n’avais jamais entendu dans notre maison : « Bismillah ». En voulant les imiter, j’avais juste le temps de dire : « bis » que je recevais un assaillant coup entre : « mi…et lah ».

Cher adorable papa, et avec un langage avec lequel tu t’adressais à nous : « come and get me you heartless man ! »[1]

Rapport de Travel-a-lot.

Mariage entre coqs à Taqervoust illégal – Stop – monter des poules industrielles, dégoutant – stop – chanter le matin après 8h haram – stop – vers de terre n’atteignent pas 1m50 comme promis, mensonge – stop – cage tournée vers la Mecque, inacceptable – stop – Ne joue plus les cons, compris – stop – Viens me chercher le rapidement possible, merde – stop.

Hmimi O’Vrahem

Notes

[1« viens me chercher… homme sans cœur. »

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