Télévision algérienne : La Zéro, toujours égale à elle-même

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Non content de faire coïncider le début des festivités de « l’Algérie, capitale de la culture arabe » avec Yennayer, le jour de l’an amazigh, d’y inclure des « artistes amazigh » (excusez du peu de ces deux qualificatifs) afin de noyer la spécificité amazigh dans le générique infatué de ce festival voué, comme son nom l’indique, à la culture arabe, une culture qui peut remplir le programme concocté en son « honneur » sans verser dans une tentative assimilationniste perverse. Il n’est pas question ici de nier l’importance des échanges et des interactions interculturelles, mais de velléité d’ingurgitation d’une culture et d’une identité à part entière par une autre. Une culture et une identité amazighs, autochtone, plusieurs fois millénaires en Afrique septentrionale.

Ce programme pompeux complètement coupé des réalités du terrain où agonise une culture nationale que les opérations de prestiges dévoratrices de budgets faramineux, avec leur corollaire qu’est la corruption à grande échelle, ne sauraient ressusciter, n’en a donc pas contenté les promoteurs qui ont, en outre, conçu des spots publicitaires dont l’un, celui qui a retenu l’attention de plus d’un, diffusé régulièrement sur « la zero » (sobriquet attribué à la chaine de Télévision algérienne d’Etat par le génie populaire) sensé informer les Algériens qui ne se seraient pas encore rendu compte de la mascarade qui se déroule dans les ‘‘salons mondains’’ de leur pays et de tenir en haleine ceux qui le savent déjà !

Là encore, les promoteurs innovent (ou restent eux-mêmes, c’est selon) dans l’art de la provocation, puisque parlant de « l’Algérie, capitale de la culture arabe », le message publicitaire s’achève sur la carte de l’Algérie renfermant en son sein l’image d’une femme portant des bijoux et une robe traditionnelle… kabyles !

Quand pluralité rime avec assimilationnisme, l’authenticité résonne comme un air de culpabilité.

N’est-ce pas madame le vizir ?

Allas Di Tlelli

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