27 juin 2017

Tout quitter sans espoir de retour

Dans le vocabulaire kabyle, il y a une expression particulière pour designer le départ de chez soi, du village et du pays et sans tout espoir de retour qui est “tufγa n’uveṛiq” littéralement pour : “sortir comme une fourmi volante”, le mot avevṛiq désignant cette très courte durée (du radical leveṛaq, éclair ) de la fourmi tawetfut avec des ailes.

JPEG - 22.1 ko

Cette expression est très nuancée et favorite d’ailleurs de feu Cheikh-el-Hasnaoui, notre grand chanteur kabyle car elle fait allusion justement à ce phénomène qui se produit généralement une fois par an dans les colonies de fourmis, souvent après plusieurs jours de fortes pluies. Cette sortie bien connue de fourmis ailées à ce stade particulier d’accouplement de leur vie où chacune d’elles ne fait qu’un seul vol et d’un seul jet, le plus haut et le plus loin possible pour perdre toutes leurs ailes dès qu’elles atterrissent au premier endroit n’ayant plus d’autres choix que de s’y réfugier, s’installer et survivre … ou mourir .

En quelque sorte c’est une sortie bien au-delà de la “Γoṛba“ cette sortie saisonnière avec retours périodiques, comme bien connues de tous les Kabyles s’expatriant pour travailler, mais plus tôt l’exil et expatriation définitifs !

ǝ-miss Ṁuḥend Ṻjaεƒer

UA-10888605-2