22 avril 2017

Un grand philosophe méconnu

Ibn al-Rawandi (827-911), philosophe persan à qui l’on doit le Livre de l’émeraude jugeait ainsi le Coran

« loin d’être inimitable, c’est une œuvre littéraire de qualité inférieure, car il n’est ni clair, ni compréhensible, ne possède aucune valeur pratique et n’est certainement pas un livre révélé. »

Il poursuit par une critique radicale de toutes les prophéties :

« Il est évident pour nous ; comme pour nos adversaires ; que la raison est le bien de plus précieux que Dieu a légué à la créature et qu’il est l’instrument par lequel l’homme connaît son Seigneur et ses bienfaits et qui valide les commandements et les interdits, les attraits et les menaces (…). Si le Prophète vient pour confirmer ce que la raison connaît comme bon ou mauvais, licite ou illicite, alors nous considérons sa mission comme nulle et ses preuves inutiles, car la raison nous suffit pour le savoir. Si sa mission contredit les conclusions de la raison, nous rejetons alors le prophète (…).
Ce qui est inadmissible dans la prophétie, c’est qu’elle te force à suivre un être humain en tout point semblable à toi, ayant comme toi une âme et une raison, qui mange ce que tu manges et boit ce que tu bois (…). Elle fait de toi un objet dont il use à son gré, un animal à son ordre ou un esclave à son service. Qu’a-t-il “le Prophète” de plus que toi, quel mérite a-t-il sur toi et quelle est, enfin, la preuve de la véracité de son message ? »

Mohamed Kacimi