Une pollution inquiétante en Kabylie

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Aujourd’hui, il n’y a presque plus de points d’eau pour nos rares animaux sauvages. Chez nous, la définition d’un civilisé est proportionnelle des degrés de sa rupture avec sa terre. L’homme préfère à l’eau de source celle des robinets mais en veillant à ce qu’ils soient bien fermés. Si au moins chacun pensait à remplir un petit bassin pour les rares animaux et oiseaux survivants de passage !

Qui se souvient encore de ces transports tout terrain que furent nos ânes ! Gamins, l’on cherchait des fagots de bois dans nos forêts pour le stock d’hiver et de l’eau, quotidiennement, dans les fontaines publiques, au fond de nos ravins, à dos de ces bêtes de somme toujours obéissantes et jamais polluantes. Aujourd’hui, la voiture a fini par avoir raison de l’âne ! La Kabylie est devenue ce plus grand parc automobile d’Algérie ! Un parc vieillissant et dangereusement polluant. Au fait, a-t-on pensé un jour à évaluer les conséquences que génèrent toutes ces voitures sur notre petit environnement ?

L’air n’est plus aussi limpide qu’autrefois. Une redoutable pollution est imminente. Un signe avant coureur d’une inquiétante catastrophe annonciatrice déjà de nouvelles maladies ! On ne s’en rend même pas compte. Autrefois, et de là où j’habite, je distinguais nettement, au loin, le moindre petit relief du Djurdjura que j’observais à l’œil nu. Aujourd’hui, une espèce de voile blanc permanent fait que nous ne voyons que la forme de notre montagne. Un voile qui ne baisse qu’après le passage d‘un orage. Et c’est là que l’on se rend compte que l’atmosphère de notre région est trop chargée, très polluée !

Et comme un malheur n’arrive jamais seul, des incendies criminels périodiques sont venus à bout d’une grande partie de notre espace forestier. Mais l’arbre c’est la vie ! Qu’en sera-t-il alors de notre avenir avec une telle densité de population dans un espace réduit, trop motorisé mais avec l’arbre en moins qui garantit, pourtant, l’absorption et la transformation des gaz ? L’avenir est improbable.

La disparition de l’arbre est aussi la cause de l’érosion du sol qui fait qu’en hiver la moindre petite pluie se transforme en un redoutable torrent de boue qui emporte maisons et hommes sur son passage. Les torrents traînent aussi dans nos rivières des milliers de boites de conserve rouillées et restées nues, comme dans un décor apocalyptique, après les incendies nécessaires des immenses décharges publiques villageoises et communales.

Que dire encore de tous ces sachets noirs, déjà cancérigènes, qui enlaidissent nos paysages et que le vent disperse et accroche sur des genêts et en haut même des vieux frênes ! Cette désolation prend encore toute son ampleur quasi fatale quand on observe ces millions de bouteilles vides qui jonchent nos chemins, nos forêts et nos rivières et qui ne seront jamais bio dégradables ! Des bouteilles en verre que juste un moment d’ivresse insouciante transforme en milliards de petits débris, à jamais cloués dans les décors de la nature !

Je me rappelle aussi de ces temps heureux où, gamins, l’on s’amusait à attraper du poisson d’eau douce dans nos cours d’eau de montagne qui ne tarissaient jamais, même en été. En ces temps-là, le cambit (garde champêtre) veillait que les habitants ne déversent jamais le contenu de leur poubelles dans nos sentiers et nos rivières. Chaque famille réservait un endroit, généralement situé à la lisière de son champ, où elle entreposait ses rares ordures ménagères auxquelles elle finit toujours par mettre un petit feu et qu’elle transforme en bon engrais. C’était un autre monde. C’était toute une organisation sociale à laquelle tout le monde adhérait pour le bien commun ! Qu’en est-il aujourd’hui de l’organisation de nos aïeuls ?

Par Timecriwect

Déjà publié le 21 mai 2011

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