Velεitouche et moi : Belaid Tagrawla le chanteur de…

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Voici l’histoire insipide de ma brève approche avec un chanteur de basse-cour, encore un, qui, dans sa suffisance, résume la lutte menée par des générations entières dans l’ombre du solstice à sa chansonnette qui ne répond à aucun registre digne de ce nom. Bien entendu, une frange de personnes, dont probablement certains de mes contacts virtuels, s’en offusqueront en voyant encore là, une animosité superflue provenant d’un « haineux » à la solde de tel ou tel autre, c’est selon… Il n’en n’est rien de tout cela, je l’ai souvent dis et redis, je fais mienne la philosophie Térencienne pour dire qu’entre la vérité et la séduction, y’a pas photo, j’ai choisi de ne jamais taire la première valeur au risque de perdre la Terre entière… Voici donc très brièvement la petite histoire qui se décline par des commentaires échangés avec cet adepte de la « danse du ventre » tout en affichant des airs homériques avec la stature en moins :

La seule fois où je l’ai croisé, c’était lors de mes récurrentes randonnées en Kabylie. Dans un village où il était descendu, je me dirigeais vers deux de mes connaissances qui l’accompagnaient. Arrivé à leur niveau, je me suis arrêté pour les saluer et ils me présentèrent à ce chanteur en croyant utile de préciser ma qualité de président d’une association culturelle que j’étais à l’époque. Je tendis la main en disant « Azul », il en fit de même en me répliquant en arabe, au pied du Djurdjura, s’il vous plait, en étant uniquement entre kabyles qui se prétendent militants de la cause identitaire ! : « maεrifate khir »… sur ce, je leur avais tourné le dos, m’éloignant d’un pas résolu, poursuivant ma randonnée avec la conviction que de tels chanteurs, aussi agréables soient leurs mélodies, respirent un peu trop la fausseté et depuis, son nom fut rangé dans la catégorie de bonimenteurs opportunistes dont il faut se méfier désormais. Je n’avais encore que 21 ans, quelques années plus tard, j’y avais repensé une fois en me disant que ma ferveur juvénile m’aurait peut-être poussé, ce jour-là, à être un peu trop sévère…

Durant les années 90 et ce, jusqu’à la période post-printemps noir, ce « militant des studios d’enregistrement » s’était éclipsé et ce n’étaient pas les marches populaires dénonçant le terrorisme islamistes, ni les rassemblements où il était question de revendiquer un Etat de droits avec tout ce que cela sous-entend en terme de démocratie, de valeurs humanitaires et républicaines et de justice, ni les sit-in en réactions aux multiples coups de boutoir assénés à la revendication identitaire qui en avaient fait défaut, mais c’est vrai qu’à cette époque-là, ce n’était guère commode de s’afficher, n’est-ce pas, même en étant anonyme.

En avril 2004, alors que la population, à travers une marche organisée par l’université de Tizi-Ouzou, battait le pavé en commémoration du printemps 1980 et pour dire que le problème restait encore entier et ce, contrairement à l’idée qui se répandait déjà selon laquelle le néo-boumédiennisme, arrivé en 1999, aurait de meilleurs sentiments vis-à-vis de Tamazight et de la Kabylie et que l’artifice de la constitutionnalisation de la langue originelle aurait définitivement réglé la question, un gala, premier du genre, était donc programmé au stade Oukil Ramdane à la même heure de l’amorce de la marche ; spectacle organisé par l’aile dialoguiste du mouvement citoyen sous l’impulsion du gouvernement qui offrit une scène grandiose et un matériel de sonorisation exceptionnel afin d’attirer le maximum de citoyens et, par voie de conséquence, affaiblir la marche qui réaffirmait encore l’opposition de la Kabylie au pouvoir central. Parmi les participants à cette opération de diversion, il y’avait bien entendu Velεitouche. Pour rappel, une diva kabyle, Malika Domrane pour ne pas la nommer, avait démenti publiquement sa participation à cette initiative dont «  j’ignore les tenants et les aboutissants » avait-elle tenu à écrire dans une déclaration qui fut rendue publique et affichée dans toutes les rues de la ville de Tizi-Ouzou.

En 2009, le pouvoir algérien exhume le festival panafricain de 1969 et lance sa deuxième édition en débloquant près de 100 millions d’euros qui seront dilapidés en quelques jours pendant que le secteur de la culture agonisait ! Cette grande zerda donne suite à une série d’opérations de prestige destinées essentiellement à glorifier le roitelet du moment et sa monarchie dont l’image éclaboussée par des scandales à répétition, des tueries de manifestants dont le summum fut atteint en Kabylie où pas moins de 128 victimes et plusieurs milliers de mutilés à vie sont dénombrés, par la corruption et l’arbitraire… nécessitait ces opérations de marketing politique dont l’omniprésente arrière-pensée était celle de diluer la particularité kabyle, perçue comme un folklore, dans le caractère officiellement arabe de la culture algérienne. A l’image de « L’année de l’Algérie en France » en 2003, de « Alger, capitale de la culture arabe » en 2007 où, à Aïn Benian, une pièce théâtrale fut interrompue par « ordre venu d’en haut » en raison du fait qu’elle se déclinait en langue kabyle, du «  Festival de la musique arabe de Djemila » auquel une Bouchafa et un certain Abdenbi avaient prit part…le Panaf de 2009 avait vu des artistes et des intellectuels rejeter l’invitation qui leur avait été faite à ces joutes où il était question d’allégeance sur fond de bouffe, de détournements et de contrats alléchants pour chaque participants dont Velεitouche.

Dernièrement, j’avais reçu sur mon espace virtuel un montage vidéo d’une chanson de Velεitouche. Devant la dizaine de remerciements adressés à ce dernier, j’ai tenté ce commentaire en guise d’allusion à son côté opportuniste : « C’est pour quand un hymne à la gloire de Bouteflika et ses serviteurs que sont les Toumi et les Ould Euro ? Pour le prochain Panaf peut-être !? ». Je passe outre les trois réactions, somme toute, légitimes des admirateurs de Velεitouche qui ont vu tout de suite en moi un « jaloux » ! L’un d’eux, moins frontal avait suggéré à tous les intervenants de faire preuve de lucidité, ce à quoi j’ai eu cette réplique : « Parce que, selon vous, le fait de rappeler à quelqu’un ses compromissions et ses dérobades, ce n’est pas de la lucidité ? Je ne cherche à plaire à personne en n’étant pas menteur et faux. Matoub en sait quelque chose, lui qui n’avait pas sa langue dans sa poche et qui comptait beaucoup plus d’ennemis que d’amis (à distinguer de ses millions d’admirateurs inconditionnels). Térence, ce berbère latinisé dont le nom fut Afer, l’avait su il y’a plusieurs siècles à travers cette lumineuse sagesse : « Obsequium amicos,veritas odium parit  »

Le lendemain, je découvre que Velεitouche avait censuré mes commentaires dont je reconnais le caractère gênants pour sa papelardise. Son silence a donc parlé ! Je décide alors de rajouter cette ultime réplique, histoire de lui faire comprendre qu’on ne peut pas tromper tout le monde tout le temps : « Seul et unique argument à faire valoir : La censure. Quelle grandeur ! Sachant que je serai encore censuré, j’ose espérer qu’avant que cela n’arrive, il y aurait au moins une personne qui m’aura lu et qui comprendra qu’à force de duplicité et de flirter avec le pouvoir et l’argent, on fini au minimum adepte de la censure ».

Le lendemain, soit le 11 juillet dernier, après avoir supprimé ce propos, Velεitouche ne pouvant apparemment plus se retenir, sort de sa réserve et me vide son sac en aparté. Voici le message dans son intégralité et tel qu’il m’était parvenu :

« pourquoi tant de méchanceté envers tout le monde et sur tous les sites, tu ne rate personne,as tu quelque chose à te reproché ,peut être un passé mal assumé que tu as raté pour être un bon militant de notre cause,parce que ton nom ne dit rien à personne,en fait tu n’es rien,et tu ne supportes pas cela,tu es comme ce personnage d’un conte bien de chez nous,pour devenir célèbre il a souillé une fontaine et depuis ce jour là ,tout le monde parle de lui ,tu me comprends n’est ce pas ?pour mon groupe dont les membres dépassent la cinquantaine ,nous ne raterons aucune brèche qui s’offrira a nous pour brandir nos revendications,et ce jusqu’à la reconnaissance officielle et définitive de notre langue et culture kabyle,que ça te plaise ou non.pour terminer,que Dieu te pardonne,parce que ,moi je suis profondément croyant.azul. » [Par Belaïd Medjkane alias Belaid Tagrawla – 11/07/2010]

Après avoir ri de bon cœur, je me suis dis que vu une telle platitude, je n’aurais pas du perdre mon temps à tenter de lui murmurer à l’oreille sa ritournelle. Aujourd’hui, pour clore définitivement son cas dans mon esprit, j’ai décidé de réagir en lui transmettant ma réponse que je vous fais partager par la même occasion.

Que répondre devant un tel aveu qui met à nue une inculture criarde d’un chanteur de basse-cour qui n’a pas su se taire et qui, une fois de plus, aura étalé, dans toute sa disgrâce, la confirmation de tout le mal que bon nombre de citoyens pensaient de vous, sinon qu’à travers votre réaction mesquine qui succède à un silence mal assumé se déclinant par une série de censures ayant frappé mes propos pourtant se résumant à une allusion ayant trait à une contradiction, parmi tant d’autres, entre votre hypothétique « engagement » (dans les studios d’enregistrement) et votre opportunisme primaire qui, du reste, est un secret de polichinelle ; les maîtres mots pouvant qualifier votre réaction qui, bien que réduite à un paragraphe d’un niveau franchement modique, ne reste pas moins un véritable condensé de défectuosités, se résumant à : incompétence, propos orduriers, mal de reconnaissance aigu, faible personnalité en quête permanente et exclusive d’éloges et ne supportant point de se savoir mal aimé, insolence, hypocrisie…

Je savais votre ego démesuré et votre médiocrité proéminente, mais que vous veniez à les décliner gratuitement avec un tel aplomb relève, au mieux, de votre naïve impertinence, au pire, de votre méprisante fanfaronnade. Et pour cause, chercher à vous convaincre vous-mêmes par un manichéisme rudimentaire en vous adjugeant le rôle du gentil « célèbre » traqué par le méchant « inconnu », relève d’une mesquinerie sans égale. La tentative de puiser dans la sagesse ancestrale est, quant à elle, symptomatique d’un personnage rabougri tant l’insulte et l’outrance la dispute à la platitude référentielle.

Vous vous effarouchez de « ma méchanceté envers tout le monde » en oubliant de préciser que ce « monde » qui subit apparemment les foudres d’un parfait inconnu n’est en rien l’humanité dont je me fais une haute idée mais un « monde » immonde qui renferme la lie de notre espèce qui, par le concours d’une conjoncture favorable à la corruption et où l’échelle des valeurs n’est plus la même depuis au moins une décennie, « prend des allures d’un astre scintillant ». Ce « monde »-là, je ne l’ai pas raté et le pire, pour lui, viendra plus tard car, comme je vous l’avais écris dans l’un de mes commentaires censurés, j’ai la pleine conscience que pour plaire au plus grand nombre, il aura fallu adopter votre attitude qui consiste à produire des speechs opportunistes, en fonction des attentes et des convictions des foules et surtout éviter de distiller des vérités qui risquent de chambouler les fausses certitudes des uns et des autres et, par voie de conséquence, inciter à l’effort de la réflexion. Il est donc totalement inutile de croire un instant que je puisse être impressionné par un chanteur qui n’a du sa relative réputation qu’à la jonction entre l’oralité, élément nodal de notre sociologie qui fait que les écrivains y sont moins connus, et la censure systématique qui frappait la culture d’expression kabyle en particulier et qui aura été contre productive dans la mesure où pour la chanson kabyle, sous sa forme contemporaine (ayant été encore naissante, ses débuts remontent aux alentours des années 30), la demande s’était amplifiée, le nombre de chanteurs réduit à quelques dizaines et la thématique contestataire d’ordre culturaliste, sociétal, politique constituait un gage pour une notoriété immédiate. La radio, à une époque (début des années 90) où l’enthousiasme populaire avait été à son paroxysme, est un autre paramètre qui aura contribué à vous fabriquer un nom qui s’accaparera carrément du nom du groupe auquel il est systématiquement associé au détriment du sens de l’humilité !

Dans une telle conjoncture et au vu des conséquences dévastatrices de ces quinze dernières années sur la connaissance collective et individuelle ayant trait à la culture et à la musique, le citoyen lambda étant accaparé, soit par la nouvelle vague des pousseurs de chansonnettes qui envahissent les chaumières et les rues par une surproduction de « spécial fêtes » sans âme ni saveur, soit, par la métallo et autres hip hop, impact de l’actualité occidentale oblige, ou encore, par les languissants « habibi » orientaux, politique d’assimilation arabiste du pouvoir algérien (pour qui vous vous produisez sans scrupules) oblige !

Les générations qui se situent au-delà de la quarantaine, quant à elles, s’accrochent majoritairement à des icônes qui auront marqué la chanson kabyle d’une empreinte indélébile à l’image de Kheddam, Taous Amrouche, Azem, El Hesnaoui, Nouara, Medjahed, Hnifa, Idir, Izri, Ideflawen, Inasliyen, Domrane, Djurdjura, Afous, Yugurten, Nabeth, Abranis, Imazighen Imula, Menad, Meksa…etc. (finalement, une si longue liste ne fait pas de moi un méchant envers tout le monde, n’est-ce pas !) et bien entendu, l’éternel, l’immortel, la légende Matoub Lounès !

Le peu qui reste et qui est, quand même, capable de remplir El Mouggar et la « grande » salle de la maison de la culture de Tizi-Ouzou, sans connaissance approfondie de la musique et de ses subtilités, doté uniquement d’une oreille sommaire et des souvenirs liés à une époque, se réserve à des chanteurs comme vous qui, encore une fois, produisez des textes linéaires conçus pour plaire à cette catégorie de public, enveloppés dans des mélodies qui vacillent entre l’agréable et l’ennui et dotés des arrangements approximatifs qui rendent votre musique sans identité, ne répondant à aucun modèle sans en constituer une quelconque originalité. Cela semble vous satisfaire tant vous en souffrez à l’idée de sortir de votre bulle préférant prendre vos illusions pour des vérités absolues. Soit.

Vous repoussez encore plus loin les limites de l’outrance et de la sornette, notamment, quand vous écrivez :

« …as-tu quelque chose à te reprocher, peut-être un passé mal assumé que tu as raté pour être un bon militant de notre cause, parce que ton nom ne dit rien à personne, en fait tu n’es rien… ».

La messe est dite ! Dans l’esprit rétréci du chanteur de basse-cour que vous êtes, vous réduisez toute la motivation qui sous-tend un engagement militant en faveur d’une cause (Dieu, s’il existe, m’en préserve de partager avec vous une quelconque cause) à une quête quasi-obsessionnelle d’une reconnaissance, d’une célébrité ! Dans votre étroitesse et votre vanité, vous ne pouvez donc pas comprendre qu’on puisse s’engager d’une manière totalement désintéressée ; motivé uniquement par ses convictions politiques et/ou idéologiques chevillées au corps, sans qu’on soit forcément poussé par l’obsession de paraître ou par des espèces sonnantes et trébuchantes.

Vous ajoutez :

« pour mon groupe, nous ne raterons aucune brèche…pour brandir nos revendications, et ce jusqu’à la reconnaissance officielle et définitive de notre langue…que ça te plaise ou non ».

Cela est en fait votre réplique au reproche qui vous a été fait par mes soins d’avoir accepté de vous produire dans le cadre de festivités de prestige décriées par tous car conçues par les cercles du pouvoir pour la gloire de la monarchie en place et de son petit potentat et se déclinant dans une dépense abusive et inutile de l’argent du contribuable ; à titre d’exemple, près de 100 millions d’euros auront été dilapidés durant les quelques jours qu’aura duré le Panaf 2009 en marge d’un secteur de la culture à l’agonie.

Au-delà même de l’engagement, l’éthique et la probité n’auraient-elles pas suffit pour s’élever contre ce gigantesque pillage tendant, entre autres, à élargir la clientèle du régime ? L’argent, ce nerf de la guerre, n’est-ce pas, aura-t-il cessé, pour certains, d’avoir une odeur ?

Piètre consolation pour un opportuniste sans scrupules qui, au-delà de la souffrance de se sentir de moins en moins visible ; ce qui le pousse dans n’importe quelle arène conçue pour amuser le prince du moment et son clan ; l’épisode de la venue, cette année, de la guest-star mondiale, Greame Allright, à Tizi-Ouzou est édifiant à ce propos puisque vos bas procédés tendant à éloigner de ce spectacle un grand monsieur de la chanson kabyle qui, avec son groupe légendaire, avait impeccablement accompagné, lors de sa tournée en Algérie en 1986, la star néo-zélandaise qui en était impressionnée à tel point qu’elle rédigea un texte que notre artiste mettra en musique quelques années plus tard, en avaient écœuré plus d’un. Vous avez finalement pu vous accaparer, seul, une part des projecteurs rivés sur Greame allright sous la bénédiction d’un Ould Euro, alors que l’artiste kabyle en question dont vous avez ignoré les multiples tentatives de vous joindre, resté digne, s’était contenté de suivre le spectacle parmi le public, dans l’anonymat alors qu’il aurait pu approcher le «  beatnik sans uniforme » et vous rendre totalement invisible… au-delà donc de cette hantise, la contre partie financière qui va avec les contrats qui vous font tant courir et que vous tendent frétillement les serviteurs zélés d’un système corrompu et morbide, n’est pas en reste. Voici, en claire, les « brèches » dont il est question dans votre propos. Quant à « la reconnaissance officielle et définitive » de la langue, que la Kabylie se rassure et se félicite de vous avoir, car, au final, sans vous et vos semblables qui flirtez avez un régime qui accule tous les jours cette langue dans ces derniers retranchements sans qu’on entende vos « fameuses revendications », Taqvaylit aurait connu le même sort que celle des Aztèques ! Arrêtez de prendre les gens pour des cons car, à force d’aller dans cette direction, vous vous tuerez de ridicule après vous avoir couvert de faux-semblants.

Votre conclusion, quant à elle, se passe de tout commentaire tant la direction dans laquelle vous priez ne regarde que vous. A l’avenir, tacher de savoir vous taire et continuer votre comédie sereinement, car le monde a cessé d’être dupe.

Allas Di Tlelli

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